Quelques mots à propos de St François d’Assise

Biographie

Fils aîné d’une riche famille marchande, en Ombrie, François est né entre le mois de mai et septembre 1181 ou 11824. 

Il est un des sept enfants de Pietro Bernadone dei Moriconi, très riche drapier d’Assise et de Dona Joanna Pica de Bourlémont, femme pieuse issue de la noblesse provençale (la Provence est de culture française bien que relevant du Saint-Empire romain germanique jusqu’en 1481) et que Pietro a épousée en secondes noces en 1180 après un veuvage. 

À sa naissance, alors que son père est en France pour négocier draps et étoffes dans les foires de Provence et de Champagne, sa mère le fait baptiser sous le nom de Giovanni (Jean en l’honneur de l’apôtre éponyme) dans la cathédrale d’Assise consacrée à Rufin, saint patron de la ville. 

De retour de son voyage en France où il a fait de très bonnes affaires et en hommage à ce pays, son père, lui donne le nom de Francesco (François = français), qu’il gardera et par lequel il sera mondialement connu.

Jeunesse

Dans les années 1190, il suit des cours dans l’école de chanoines de l’église San Gorgio à Assise où il apprend le latin. Destiné à seconder son père et probablement à lui succéder, il quitte l’école à 14 ans et entre dans la corporation des marchands.

Francesco vit alors une jeunesse dissipée marquée par les aspirations de son époque. Il mène la « dolce vita » (belle vie) et organise des sorties avec ses condisciples. Il commet peut-être à cette époque le péché de chair comme le suggère son Testament. À l’époque des révoltes et des communes, bourgeois aspirant à la noblesse, il fait la guerre à la noblesse d’Assise et de Pérouse. La défaite des Assisiates à Ponte San Giovanni, en novembre 1202 sera pour lui suivie d’une année d’emprisonnement. 

Malade durant sa captivité (probablement un début de tuberculose), il est libéré à prix d’argent grâce à son père et doit, après son retour à Assise, calmer ses ardeurs.

Aimant les troubadours, il n’hésita pas à entonner des chansons provençales, aussi retrouvera-t-on dans les strophes de ces œuvres le travail rythmique de ces poètes et musiciens de langue d’oc.

Changemement de Vie

Sa conversion, réalisée en plusieurs temps, s’est faite à travers une longue maladie qui l’immobilise une grande partie de l’année 1204 et par la grâce.

Alors qu’il rêve toujours d’acquérir le rang de noblesse par de hauts faits d’armes et d’être adoubé chevalier à la manière des princeps juventutis, il s’apprête à rejoindre l’armée de Gauthier de Brienne mais un songe fait à Spolète lui fait abandonner ce projet. De retour à Assise, il abandonne peu à peu son style de vie et ses compagnons de fête et fréquente de plus en plus souvent les chapelles de la vallée dite Val di Spoleto.

En 1205, il a 23 ans. Alors qu’il est en prière devant le crucifix de la chapelle San Damiano (en), Francesco entend une voix lui demandant de « réparer son Église en ruine ». Prenant l’ordre au pied de la lettre, il se rend à la ville voisine de Foligno y vendre des marchandises du commerce de son père pour pouvoir restaurer la vieille chapelle délabrée. Il dépense également beaucoup d’argent en aumônes.

Furieux des excentricités de son fils, Pietro Bernardone exige qu’il lui rende des comptes et ne craint pas de l’assigner en justice pour le déshériter. À l’issue de ce procès au tribunal de l’évêque d’Assise, Francesco rompt la relation avec son père en lui laissant, symboliquement, ses habits. Francesco, se réclamant d’un statut de pénitent qui le fait échapper à la justice laïque, sera alors convoqué par l’évêque d’Assise. Lors de son audition sur la place d’Assise, au printemps 1206, François rend alors l’argent qui lui reste, ainsi que ses vêtements et se retrouvant nu, il dit à son père et à la foule rassemblée :

« Jusqu’ici je t’ai appelé père sur la terre ; désormais je peux dire : Notre Père qui êtes aux cieux, puisque c’est à Lui que j’ai confié mon trésor et donné ma foi ».

L’évêque d’Assise, l’enveloppant de sa cape, couvre sa nudité et le prend sous sa protection.

 François part pour Gubbio. Revenant à Assise vers l’été 1206, il mendie pour obtenir de la population des pierres nécessaires à la reconstruction et restaure successivement les chapelles de San Damiano, de San Pietro, et de la Portioncule. Au début de 1208, dans la chapelle de la Portioncule (La Porziuncola), François comprend enfin le message de l’Évangile :

« Dans votre ceinture, ne glissez ni pièce d’or ou d’argent, ni piécette de cuivre. En chemin, n’emportez ni besace, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. »

— Matthieu 10,9

Pauvreté, première communauté

Il décide alors d’« épouser Dame Pauvreté », se consacrant à la prédication et gagnant son pain par le travail manuel ou l’aumône. Il change son habit d’ermite pour une tunique simple. La corde remplace sa ceinture de cuir. Il est probable que sa fréquentation des lépreux date de cette époque et de la stabilité qu’il pouvait trouver auprès de la léproserie voisine. Bernard, fils de Quintavalle (en), et Pierre de Catane le rejoignent très vite, puis d’autres encore et François se retrouve à la tête d’une petite communauté.

En 1210 le pape Innocent III, qui l’a vu en rêve soutenant la basilique Saint-Jean de Latran en ruines, valide verbalement la première règle rédigée par François régissant la fraternité naissante.

En 1212 il accueille sainte Claire Offreduccio (Claire d’Assise) parmi les siens et fonde avec elle l’Ordre des pauvres dames dite plus tard « Clarisses » en référence à leur sainte patronne.

Rapidement, l’ordre franciscain tel que l’avait conçu François est dépassé par son succès et s’organise contre les vœux du fondateur, si bien qu’après un voyage en Égypte et une rencontre étonnante en septembre 1219 près de Damiette avec le sultan Al-Kamel qu’il tente vainement de convertir15, François abdique en 1220 (alors que son humilité le fait rejeter le principe même du pouvoir, il employe à cette occasion le terme resignare et non renuntiare, la « renonciation » répondant à des critères précis selon le droit canon16) et confie la direction de l’ordre à Pierre de Catane puis à Élie d’Assise. Il désapprouve également le goût naissant des Franciscains pour l’étude et l’enseignement, si bien qu’il refuse un jour d’entrer dans une maison conventuelle à Bologne lorsqu’il apprend qu’elle est surnommée « Maison des frères » et qu’elle comporte une école.

Règles

En 1221, durant le chapitre général, il couche sur le papier la règle officielle qu’il veut donner à l’ordre. Ce texte, appelé aujourd’hui Regula prima, est jugé trop long et trop flou pour être praticable.

En 1222, François se rend à Bologne où, à la demande de laïcs, il crée un troisième Ordre après celui des frères mineurs et des sœurs pauvres : le Tiers-Ordre (appelé aujourd’hui « Fraternité séculière ») auquel adhère notamment la jeune duchesse de Thuringe, Élisabeth de Hongrie (+ 1231).

En février 1223, François se retire dans un ermitage pour reprendre la rédaction de la règle. Celle-ci sera discutée au chapitre de juin puis approuvée par la bulle Solet annuere du pape Honorius III, d’où son nom de Regula bullata.

Stigmates, fin de vie

En août 1224, François se retire avec quelques frères au monastère de l’Alverne. Le 17 septembre (3 jours après la fête de la Croix glorieuse), il aurait reçu les stigmates. Depuis, il est souvent malade et en proie à des crises d’angoisses, il se réfugie dans une hutte près de la chapelle San Damiano, où il avait commencé son itinéraire spirituel et où vit la communauté des sœurs pauvres inaugurée par Claire d’Assise. Il y écrit son « Cantique de frère soleil » (ou « Cantique des créatures », premier texte en italien moderne), célébration de Dieu en sa création, et l’un des premiers grands poèmes italiens.

Il meurt le 3 octobre 1226, dans la chapelle du Transito (qu’on peut voir ainsi que la chapelle du Portioncule, conservées intactes et englobées dans la basilique Sainte Marie des Anges dans le Val di Spoleto non loin de la ville haute d’Assise). Il laisse un testament où il professe son attachement à la pauvreté évangélique et à la Règle.

Après sa mort

François a été canonisé dès 1228 par le pape Grégoire IX. Il fait partie des saints catholiques les plus populaires et sans doute celui qui est le mieux accueilli parmi les non catholiques ou non chrétiens.

À la suite de la nuit qu’il célébra dans une grotte à Greccio, l’usage de la crèche de Noël s’est répandu dans la famille franciscaine puis dans les foyers. Après sa rencontre avec le sultan à Damiette, l’annonce de la prière par les cloches, puis l’Angélus se sont répandus. François est le patron notamment des louveteaux (branche réservée aux jeunes enfants) au sein des mouvements de scoutisme catholiques, ainsi que celui des animaux, probablement par référence au miracle du « Loup de Gubbio » mais surtout pour le regard plein d’amour et de contemplation de l’œuvre de Dieu que portait saint François sur la nature (Cantique des Créatures…). À son exemple, les louveteaux sont invités à découvrir dans la nature « l’œuvre de Dieu » (« Le scout voit dans la nature l’œuvre de Dieu, il aime les plantes et les animaux » : art. 6 de la Loi des Scouts et Guides de France) et à la considérer en conséquences (connaissance de la nature, respect…)

Considérant les animaux comme des créations vivantes de Dieu et les élevant au rang de frère de l’homme, il est devenu le Saint Patron des animaux et le jour de sa fête le 4 octobre a été instaurée comme Journée mondiale des animaux lors d’une convention d’écologistes à Florence en 1931.

Le 29 novembre 1979, le Pape Jean-Paul II le proclame patron de ceux qui se préoccupent de l’écologie par la lettre apostolique Inter sanctos praeclarosque viros.

Le Pape Benoît XVI a déploré que la figure de François d’Assise ait subi les assauts de la sécularisation.

Le 13 mars 2013, le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio est élu pape et prend le nom de François, en référence à François d’Assise selon ses propres dires rapportés par l’archevêque de New-York Timothy Dolan. Il est le premier de l’histoire et semble vouloir signifier par là sa volonté de voir l’Église retourner à sa mission première : être pauvre parmi les pauvres suivant ainsi le vieil adage ascétique médiéval « suivre nu le Christ nu ».

Œuvre

Bien qu’il se présente lui-même comme illettré, François a laissé de nombreux écrits de genres variés. Certains d’entre eux nous sont parvenus comme autographes, c’est-à-dire les originaux écrits par François lui-même (BLéon, LLéon). D’autres sont des copies incluses dans des collections, tel que le prestigieux manuscrit 338 de la Bibliothèque communale d’Assise. D’autres, enfin, sont tirés d’écrits divers dans lesquels ils avaient été cités (par exemple la Règle de sainte Claire).

Son œuvre, qui comprend les Statuts de son ordre, des Sermons, des Cantiques et des Lettres, a été publiée à Anvers, 1623, in-4.

Authenticité des Écrits

 Les études récentes ont permis de déterminer les écrits que l’on peut attribuer à François, et à quel titre on peut les lui attribuer.

Certains textes ont été éliminés des éditions récentes du fait de leur degré d’authenticité trop faible. Ainsi la célèbre Prière pour la paix, appelée aussi Prière simple ou encore Prière de saint François, ne fait partie d’aucune collection manuscrite. La trace la plus ancienne de ce texte ne remonte pas avant 1913. La prière fut imprimée au dos d’une image pieuse représentant François d’Assise. Ce n’est qu’à partir de 1936 qu’on l’attribua à saint François. Son succès mondial est dû au sénateur américain Tom Connally qui en fit lecture en 1945 à la tribune de la conférence de San Francisco qui verra naître l’ONU, la ville de San Francisco ayant été placée dès sa création par les Espagnols sous le patronage du saint. D’autres prières, autrefois fameuses, ont récemment perdu du crédit auprès des chercheurs et ont disparu des éditions critiques des écrits de François.

Deux textes sont autographes (LLéon, LD-BLéon). Pour d’autres, on a un témoignage attestant que François en est l’auteur (CSol). Parfois, comme cela arrivait souvent au Moyen Âge, François a dicté un texte à un secrétaire, plus ou moins habile. Certains textes commencent en effet par « Écrit comme… » (JP, TestS, BBe). Ceux-ci sont qualifiés d’opera dictata. Certains textes (Adm) semblent être des notes prises pendant des entretiens. La règle (1Reg, 2Reg) est un écrit ayant évolué de 1208 à 1223, dans lequel François tient certes une grande part, cependant une étude précise montre que ce texte est l’œuvre de la communauté franciscaine réunie en chapitre.

Sources Wikipédia